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Friday, March 10, 2017

Lus : "Zaï zaï zaï zaï" et "Carnet du Pérou" de Fabcaro

Lus : "Zaï zaï zaï zaï" et "Carnet du Pérou" de Fabcaro.





Je ne connaissais pas cet auteur de BD, fendard, avec une touche de cynisme désabusé. De beaux dessins avec une mise en couleur façon aquarelle, que j'aime beaucoup.

Zaï zaï zaï zaï raconte la fuite d'un homme pourchassé pour avoir oublié sa carte de fidélité du magasin, et qui se heurte à l'indifférence générale.

Carnet du Pérou est une moitié de carnet de voyage, le reste étant fait de petites divagations sur l'auteur lui-même devant sa tâche de dessiner un (premier) carnet de voyage, ou sur l'humour que lui inspire le voyage. Là encore, autodérision complice en premier lieu. Je doute que l'auteur soit réellement allé au Pérou, d'ailleurs, ça serait bien dans son genre...

Sunday, June 23, 2013

Lu : Europe Japon, regards croisés en bandes dessinés

Lu : Europe Japon, regards croisés en bandes dessinées


La présentation de cet ouvrage collectif est amusante : deux parties, une concernant le Japon tel que vu dans les bandes dessinées européennes, l'autre présentant l'Europe telle que vue dans les mangas japonais. La conclusion de l'ouvrage étant située... en plein milieu !

Il s'agit d'une présentation des interactions entre ces pays et leurs bandes dessinées, suivant un certain nombre de thématiques. On y a apprend beaucoup de choses sur divers sujet et je suis confiant en disant que même l'amateur invétéré de manga découvrira des aspects ou des auteurs qu'il ne connaissait pas.

Chaque thème est illustré avec des extraits des différents mangas ou bandes dessinées, en citant bien titres et auteurs, mais fait aussi l'objet de paragraphes explicatifs. On découvre ainsi que l'interaction Europe-Japon dans le domaine de la bande dessinée a commencé au XIXème siècle. En fait, elle a même démarré sur les chapeaux de roue à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. (Nos échanges actuels démarrés dans les années 80 et 90 n'en sont que les héritiers.)
À cette époque, le Japon s'occidentalisait à grande vitesse et participait au concert (à la cacophonie) des armées du monde. Il s'opposait tour à tour à la Russie, à la Chine, etc. Chacune de ces guerres était l'occasion d'échanges intenses dans les correspondances et surtout, de reportages dans les journaux de l'époque.
Si le journal papier de qualité a en grande partie disparu de nos jours (son plus digne successeur étant le flux RSS), à l'époque, il était le principal vecteur d'information. Ces journaux étaient illustrés, tant au Japon qu'en Europe. Ces illustrations étaient soit informatives soit satiriques : le petit dessin à la Charlie Hebdo n'est pas jeune ! En fait, il a été importé au Japon par des éditeurs français et anglais installés là-bas. Étrange, d'apprendre que beaucoup de dessinateurs japonais considèrent un français, Georges Ferdinand Bigot, comme l'un des précurseurs du manga ! De son côté, les bandes dessinées se sont beaucoup inspirées du Japon pour ses estampes et, bien sûr, pour son contenu culturel.

On voit ainsi une large influence mutuelle. Le Japon évoque à propos de l'Europe : sa gastronomie, son histoire, ses mythologies, sa Belle Époque, son architecture. L'Europe évoque à propos du Japon : ses samouraïs, le niveau de codification des règles sociales, sa rapide transformation pendant l'ère Meiji, ses rituels tels que la cérémonie du thé...

L'influence mutuelle continue de plus belle après la seconde guerre mondiale. Le thème du vide ressenti par les soldats après la guerre est pro-éminent. Le boom de la fin du XXème siècle annonce la vague que nous connaissons : le manga moderne qui influence largement l'Europe. On sent aussi une légère amertume des auteurs quant au manque de pénétration de la bande dessinée européenne moderne au Japon, avec quelques exceptions constituées d'auteurs qui travaillent des deux côtés et assimilent les deux référentiels culturels. Frédéric Boilet et Jiro Taniguchi en sont de bons exemples.

J'ai aussi appris une chose que j'ignorais entièrement : les Japonais font un large usage du manga pour l'apprentissage de la culture. Ainsi, des mangas sont publiés sur de nombreux sujets d'histoire ou de géographie européenne. Tout force la curiosité, semble-t-il.

Bref, un bon ouvrage qui ravira tous ceux qui prendront le temps de le lire et non seulement de le parcourir :-)

Tuesday, February 19, 2013

Lu : Chroniques de Jérusalem, de Guy Delisle

L'ami Guy Delisle, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, est un dessinateur québecois. Il dirige des studios de dessin à l'étranger pour le compte des grands studios occidentaux et sa femme travaille pour Médecins Sans Frontières. Ils résident donc souvent à l'étranger et Guy Delisle ramène une BD toute neuve, toute fraîche, de récit de chacun de ces voyages.

Ici, sa femme est appelée à Jérusalem par MSF :

Au menu les checkpoints, les humanitaires déprimés, les jets de chaussure à Hébron, les partis pris, le tombeau du patriarche, les colons, les quartiers, les appels à la prière...

J'aime bien Guy Delisle, car il fait un rapport honnête de ce qu'il voit et de ce qu'il en pense. Un vrai carnet de voyage, quoi ! Ce n'est ni un roman, car il n'y a pas de fil conducteur narratif, ni un essai, car il n'y a pas de thèse sous-jacente.

Du même auteur, j'avais déjà lu :

Et j'attends la suite avec impatience.

Thursday, January 17, 2013

Vu : Le chat du rabbin, 2011

Je viens de voir le Chat du rabbin, dessin animé long métrage issu de la BD du même nom.
Le chat d'une famille juive, après avoir mangé le perroquet familial, acquiert la parole. Il devient alors un acteur et un commentateur amusé et amusant de la vie de son maître et de celle de sa fille.

  - Tu crois qu'il faut pas éduquer tout le monde ?
  - Si, même les ânes il faut ! ... mais sans illusion.

Beaucoup d'humour et de poésie, même pour un film qui parle de religion et d'amitié entre les peuples. J'apprécie beaucoup le trait du dessin, qui reflète un vrai style de dessin personnel, contrairement aux dessins animés des grands studios où la réutilisation, le travail à la chaîne ainsi que la taille et le turn-over des équipes aboutissent à un trait "moyen", dans tous les sens du terme.
Ça m'a donné envie de me procurer la BD ^^