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Friday, July 4, 2025

Read: A Liveable Future is Possible, Noam Chomsky, 2024

A Liveable Future is Possible presents a series of interviews with Noam Chomsky conducted by C.J. Polychroniou between 2021 and 2023. The conversations revolve around global threats to humanity: ecological collapse, nuclear war, the erosion of democracy, and explore what can and should be done to ensure a more just and sustainable future.

The book’s format is familiar: questions followed by long, dense answers from Chomsky, rich with references to contemporary events, historical analogies, and systemic critiques. It reads less like a spontaneous exchange and more like a curated collection of Chomsky's updated thoughts on pressing global issues. The dominant tone is one of urgency, but also of clarity and coherence.

That said, for those already familiar with Chomsky's positions (particularly his long-standing critiques of U.S. foreign policy, capitalism, media manipulation, and environmental inaction), this book offers little that is conceptually new. Its value lies instead in how it contextualizes these enduring concerns within recent developments: War in Ukraine, the rise of authoritarian populism (especially in the U.S.), and the failure of political elites to take meaningful action on the climate crisis.

There is no silver bullet. The “liveable future” envisioned is conditional, precarious and, in Chomsky’s view, increasingly at risk due to collective apathy and elite irresponsibility. For readers new to Chomsky, the book may serve as an effective primer. For long-time followers, it’s more of a timely but skippable refresher.

Wednesday, June 26, 2013

Lu : En Amazonie, Infiltré dans le « meilleur des mondes »

Lu : En Amazonie, Infiltré dans le « meilleur des mondes »

Pour commencer, ce dicton de bon sens paysan « Qui veut tuer son chien lui trouve tous les défauts » ou bien sa version La Fontaine « Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. »

Oh, certes, je ne m'attendais pas à ce qu'un journaliste infiltré chez Amazon en rapporte des éloges mais, là, on ne peut pas dire que l'auteur ait fait preuve de neutralité. Il a mis son style au service d'une peinture particulièrement orwellienne de l'entrepôt logistique dans lequel il a travaillé. De la pondération ? Aucune. Alors je vais le faire, je vais pondérer. Même le diable a le droit à un avocat, après tout.

Bon, tout un sujet :-( Travaillons problématique par problématique.



Sur le fait d'embaucher essentiellement des intérimaires : C'est vrai, Amazon n'embauche que très peu de CDI, est-ce sa faute cependant si le jeu des impôts, du droit du travail et du marché du travail français font que toute entreprise préfère embaucher des intérimaires quand elle le peut ? (intérimaires, stagiaires, CDD, prestataires, travail au noir... tout est bon pour échapper au CDI)

Sur le fait de faire miroiter un CDI au bout des calvaires précaires successifs : En France, le premier employeur du pays, l'État, est le premier à abuser de cette pratique. Les hôpitaux, par exemple, sont pleins de personnes qui espèrent un CDI ou une titularisation.

Sur le fait de les faire travailler jusqu'à l'épuisement : Les limites sont fixées par la loi. Si vraiment c'est intolérable, pourquoi est-ce tolérable par la loi ? On a interdit bien des pratiques pour moins que ça !

Sur le fait (honteux) qu'Amazon délocalise ses bénéfices au Luxembourg pour payer moins d'impôt sur les sociétés : C'est honteux ! Mais si c'est légal, on ne peut pas le lui reprocher ! Que l'État se démer** pour faire payer les impôts en France, plutôt que de taxer les travailleurs et de saborder les services publics !

Sur le fait qu'Amazon, par des montages, ne paye aucune TVA (honteux encore !) : Encore une fois, tirer sur Amazon, c'est une exécution sommaire. Pourquoi l'État ne fait-il pas son travail de faire appliquer ses propres lois correctement ?

Sur le fait que les intérimaires sont peu payés, en particulier en rapport du travail qu'ils fournissent et des conditions de travail : C'est vrai. Travailler en 3x8, c'est dur. Pourquoi dans ce cas la loi n'oblige-t-elle pas à payer mieux le travail de nuit ?

Sur l'organisation "scientifique" du travail, passage à l'échelle, rationalisation, 5 s, etc. : Toutes les grandes entreprises font ça. Le seul tort d'Amazon n'est même pas de le faire davantage que les autres, c'est d'être fondé sur un business model qui s'y prête mieux.

Sur le "have fun", qui grâce à des bonbons, des bons-cadeaux, des concours internes, etc. aide encore à maintenir les employés dans le moule : Toutes les grandes entreprises font ça. Toutes. Et nos « fleurons » français renfloués à grands coups de milliards de subventions ou de crédits d'impôts, sont les maîtres en la matière !

Sur le fait de faire courir les employés vers toujours plus de productivité : Ça peut être éreintant, sans le moindre doute. Toutefois, une entreprise qui ne chercherait pas la productivité de ses salariés aurait un grave problème. En particulier, je peux affirmer qu'une entreprise où la réussite du travail commun n'est pas la première préoccupation est le pire endroit où travailler. Quand les gens sentent que la réussite des objectifs affichés n'est pas liée à leur avancement, alors le lieu de travail devient un panier de crabe. Chacun trouve ses propres objectifs, les petits chefs cherchent à maintenir leurs petits territoires, les pires manies se trouvent justifiées, etc.

Sur les camps de concentration comparés page 79, il faut tout de même que je décerne 1 point Godwin :

Sur les procédures disciplinaires successives en cas de non-atteinte de objectifs, allant jusque – à terme – au licenciement : Amazon se paye au moins le luxe d'être carré et prévisible sur ce sujet. L'ensemble de la démarche disciplinaire est connu ! La plupart des grandes entreprises se réservent un arbitraire complet sur les raisons qui mènent à une démarche de licenciement.

Sur la destruction-créatrice, versant « disparition de l'activité de libraire » : Les bons libraires survivent mais c'est vrai que les temps sont durs pour eux. Au moins, on peut enfin entrer dans une librairie et s'adresser à des gens qui sont vraiment motivés et souhaitent vendre. Il n'y a pas de raison non plus que les boutiques qui vivotent sur une clientèle captive aient leur business assuré jusqu'à la fin des temps, non ?

Sur la destruction-créatrice, versant « disparition de nombreux emplois en boutique » : C'est vrai, l'activité d'Amazon emploie beaucoup moins de monde que l'activité des libraires. Mais d'une, si Amazon ne le fait pas, un autre le fera, ou bien la téléréalité finira de ronger les livres, et de deux, pourquoi l'État se met-il en tête de financer avec nos deniers la construction des sites d'Amazon ? Cet arbitraire public complet, nuisible à la concurrence et, en l'occurrence, au simple bon sens, est malheureusement la règle en France.



Voilà, pour conclure, tout comme les employés décrits dans le livre, je dirais « Amazon, c'est pas terrible, mais en ce moment, il n'y a que ça ! ». Il faut bien comprendre que le choix n'est pas Amazon ou pas-Amazon, le choix est Amazon-tel-qu'il-est ou quoi-d'autre. Et sur le quoi d'autre, je l'ai dit plusieurs fois plus haut et je le répète : l'État est le premier coupable de la situation.

Wednesday, March 6, 2013

De R&A et du racisme

On a trop peu souvent l'occasion de lire des opinions contraires, de se voir opposer de franches contradictions de ses idées.

Lors de mon dernier voyage en train, j'ai fait le plein de magazines à parcourir. Je suis tombé sur un magazine que je ne connaissais pas : Réfléchir & Agir. La couverture était alléchante : « Revue autonome de désintoxication idéologique ».
Alors je l'ai lu, en détail. Pas beaucoup d'articles de qualité. On y trouve surtout des insultes envers les socialistes et les homosexuels. Et une négation de tout droit aux immigrés. C'est surtout décevant quoique écrit dans un français impeccable. Le plus triste étant les tentatives de récupération du passé. Exemple : Orson Welles, analysé par cette revue, devient vite un sympathisant.

Le tout pourrait être étayé par des analyses un peu poussées, ou faire appel à des raisonnements économiques. Point : la thèse principale, en tâche (ou en tache) de fond, est la défense de la « race blanche ». Encore, en 2013. Le mépris des métissages et l'affirmation de la supériorité. Sans argumentaire.

Combien y a-t-il de gens pour croire encore à ces nigauderies ? Le raciste est limite paranoïaque, il s'imagine seul lâché dans un monde en guerre. Alors suivons-le dans son délire : imaginez-vous vous-même lâché seul au beau milieu d'un champ de bataille. Qui sont les belligérants, quelles sont les motivations de la bataille, les armes, les chefs... vous n'en savez rien. Comme chaque homme qui vient au monde, celui qui est lâché seul au beau milieu d'un champ de bataille doit se figurer par lui-même comment vivre, survivre ou mourir, quels sont les enjeux, comment donner un sens à sa vie.
Imaginez-vous bien un vrai champ de vraie bataille : massacres, cris, armes brandies, sang répandu, armures défoncées, gadoue qui se colle partout, prise de prisonniers ou exécutions sommaires, trompettes...

Plusieurs réactions sont possibles.
L'homme seul peut chercher comment s'enfuir.
L'homme seul peut tenter de passer inaperçu.
L'homme seul peut chercher à comprendre quels sont les camps en présence : la couleur des uniformes ? les oriflammes ? les cris de guerre et les trompettes ? les mouvements de troupes ?
Une fois les camps identifiés, l'homme seul peut chercher quel camp rejoindre : Qui sont les plus forts ? Qui semble dominer le champ de bataille ? Qui font les meilleurs discours ? Qui sont les plus près de moi pour les rejoindre ? Lesquels m'accepteront ? Qui sont les plus miséricordieux avec les blessés et les hommes désarmés ? Y en a-t-il qui sont respectueux envers l'environnement, au sein-même de leurs pratiques meurtrières ?
L'homme seul peut aussi attendre la mort.
L'homme seul peut aussi se planter au beau milieu et improviser un discours pacifiste...

Le raciste, lui, est celui qui se dit : « Il y a des hommes au visage propre et des hommes au visage couvert de gadoue, voilà les camps. Mon visage est encore propre, je vais rejoindre le camp de visages propres. » Le raciste se trompe orthogonalement dans l'identification des camps en présence, il choisit la première différence qu'il voit comme critère déterminant. Il rejoint un « camp » qu'il croit uni, il s'y fera massacrer par son « camp » ou par un autre.
Le raciste est l'idiot de l'humanité. Comme un mouton, il suit qui lui ressemble visuellement. Il est le premier à mourir sur un champ de bataille auquel il ne comprend rien, exploité par des gens qui le méprisent. Le raciste est le débile de l'humanité, j'ai pitié de lui.

Sunday, February 24, 2013

Remarque sur les farines animales

Je suis tout prêt à entendre que je me trompe mais je préfère vous livrer mon point de vue sur la question des farines animales.
Pour moi, la distinction entre "herbivore" et "carnivore" n'est pas un élément naturel mais un élément culturel. C'est une classification empiriste et non une "loi". Et la distinction absolutiste entre "herbivore" et "carnivore" n'est pas une affaire scientifique mais une affaire de pédagogie d'école primaire, un reste de notre petite enfance.

D'un point de vue scientifique :
1°/ Je vous mets au défi de trouver une règle ou une définition de "herbivore" qui englobe toute la classification "herbivore" et rien qu'elle. *
2°/ Les différences apparentes à l'échelle humaine sont beaucoup moins flagrantes à l'échelle cellulaire. Protéines, lipides, glucides, fibres... le monde animal et le monde végétal se ressemblent.
3°/ Quand on regarde de près, la plupart des animaux sont omnivores et choisissent leur alimentation en fonction de leurs besoins et, bien sûr, des disponibilités. Ceci est vrai autant pour les insectes que pour les oiseaux ou les mammifères. La frontière la plus mince étant au niveau des mammifères frugivores, dont l'appareil digestif leur permet de se nourrir autant de fruits que de viande. Ils ne s'en privent pas. D'ailleurs, la plupart des singes, primates et l'homme se situent à cette frontière.

Alors, pour moi, farines animales ou farines végétales, c'est du pareil au même.
Bien sûr, on peut s'émouvoir du devenir des animaux ainsi broyés. On peut aussi se rebeller contre l'ignorance complète du public vis-à-vis des pratiques de l'industrie agro-alimentaire. On peut encore regretter le manque de documentation de notre nourriture (pour ne pas utiliser le terme galvaudé de "traçabilité"). On peut enfin de manière générale s'insurger devant l'industrialisation et la déshumanisation du monde agro-alimentaire.
Mais dire "les vaches ne mangent pas de viande donc il faut interdire les farines animales", pour moi ce n'est pas du bon sens, ni de la science, c'est de la bigoterie.

* Pour le compte, je vous mets aussi au défi de trouver une définition de "végétal" qui englobe toute la classification "végétal" et rien qu'elle.

Friday, September 21, 2012

Fête de l'Huma 2012 : Déception

J'ai eu l'occasion de me rendre à la Fête de l'Humanité cette année. Mon sentiment d'il y a deux ans, dernière occurrence pour moi, se confirme : c'est de moins en moins intéressant.

Deux choses me gênent, principalement. L'une est l'évolution vers une fête musicale. La fête de l'huma n'est pas une fête musicale, sinon, il faut le dire tout de suite. Déjà, il y a deux ans, j'avais noté l'importance prise par la grande scène. Et ça avait été sympa de voir Olivia Ruiz (j'adore) se démener sur la scène. Mais de là à dire que c'est ça, la fête de l'huma, non. C'est un lieu où on parle du monde, où on discute du passé et de l'avenir, où on rencontre des gens. C'est un lieu où l'on parle politique. Ce n'est pas, pour moi, un lieu où l'on vient avec ses copains habituels pour écouter ses artistes préférés habituels.
Cette année, nouveauté, des petites scènes avaient vu le jour dans différents stands. Aussi sympathique soit l'initiative, elle renforce encore le côté musical de cette fête. Pour écouter de la musique, on peut aller partout ailleurs. Notre beau début de XXIème siècle est tellement plein de musique qu'on chercherait plutôt des endroits où il n'y en a pas... La fête de l'huma est une occasion rare, annuelle, de rencontrer des gens d'horizons variés pour aborder des sujets de société.

La seconde est l'évolution du public. Cause ou conséquence du premier point, je ne sais pas. Mes premiers pas à la fête de l'huma étaient pleins de rencontres avec des vieux communistes, des gens qui avaient de quoi discuter, des points de vue, des expériences, des combats, des rencontres, des lectures. Des désaccords et du respect, cependant. Ce public a, à ce que j'ai pu voir, massivement déserté.
On trouve aujourd'hui des publicitaires, des politiciens, des entreprises, des jeunes artistes venus faire leur pub et une cohorte de jeunes venant profiter de la musique, sans vouloir parler, sans vouloir s'asseoir, sans vouloir partager un repas. Ceux-là viennent avec leurs préjugés et repartent avec. Ils s’accommodent de la présence du PCF plutôt qu'ils n'en sont curieux.

Ajoutez à cela deux faits qui m'ont troublé. Le premier est la disparition du village du numérique. Là où l'on rencontrait Parinux, Ubuntu, FDN, la Quadrature du Net et j'en passe... les années passées, on a maintenant le ministère de la culture, la ville de Paris et Orange. Oui, Orange :

Deuxième fait troublant, l'arrivée dans le stand CGT des entreprises elles-mêmes, venues se présenter. Contraste marquant dans un lieu a priori consacré aux valeurs de gauche. Cherchez l'intrus :

Wednesday, June 13, 2012

Lu : Le chemin de l'espérance, Stéphane Hessel & Edgar Morin

Stéphane Hessel livre, avec Edgard Morin, un livre sur la sortie de crise politique et morale de nos sociétés, dans la même ligne d'idées qu'Indignez-vous.
Plein de bonnes idées et j'adhère sur le fond. Probablement le livre politique qui m'a le plus inspiré ces dernières années. Mais le problème essentiel suivant reste sans proposition de solution : comment faire pour que le citoyen ordinaire, majoritaire, etc. participe à une telle démarche ? La démarche est bonne mais comment lui trouver des défenseurs ?